Réhabilitation énergétique d’un bâtiment : quelles études techniques prévoir ?
Réhabiliter un bâtiment pour améliorer sa performance énergétique ne consiste pas simplement à remplacer une chaudière ou à renforcer son isolation. Une opération efficace implique de considérer l’enveloppe, les besoins thermiques, le chauffage, la ventilation, la climatisation, les installations électriques et les usages comme un ensemble cohérent.
Cette approche est d’autant plus importante que le bâtiment représente près de 45 % de la consommation d’énergie finale en France. Pour les bâtiments existants, les choix réalisés pendant une réhabilitation peuvent donc avoir un impact durable sur les consommations, le confort des occupants et le fonctionnement des équipements.
Pour un maître d’ouvrage, un architecte ou une entreprise, les études techniques permettent de transformer les objectifs de performance en solutions réellement dimensionnées, coordonnées et réalisables sur le terrain.
Réhabilitation énergétique : commencer par comprendre le bâtiment existant
Avant de définir de nouveaux équipements, il faut comprendre le fonctionnement du bâtiment et identifier ses contraintes.
Une réhabilitation peut concerner un immeuble de logements, des bureaux, un établissement de santé, un bâtiment d’enseignement, un commerce ou encore un équipement tertiaire. Dans chaque cas, les usages, les horaires d’occupation, les équipements existants et les contraintes architecturales sont différents.
L’analyse du projet doit notamment permettre d’identifier :
- les caractéristiques du bâtiment existant ;
- les besoins de chauffage et éventuellement de refroidissement ;
- les systèmes CVC et de ventilation déjà présents ;
- les installations électriques associées ;
- les contraintes d’exploitation et d’occupation ;
- les interactions entre les travaux prévus et les équipements techniques.
Cette première étape évite de raisonner équipement par équipement sans tenir compte du fonctionnement global du bâtiment.
Le CVC, un élément central de la réhabilitation énergétique
Le chauffage, la ventilation et la climatisation (CVC) constituent naturellement l’un des principaux sujets d’une réhabilitation énergétique.
Modifier l’enveloppe d’un bâtiment, remplacer des menuiseries ou améliorer son isolation peut modifier sensiblement ses besoins thermiques. Les installations existantes ne sont donc pas nécessairement adaptées à la nouvelle situation.
Une étude technique permet de réévaluer les besoins et de dimensionner les équipements en conséquence, plutôt que de simplement remplacer un système existant par un équipement de puissance équivalente.
Selon le projet, l’étude peut porter sur :
- la production de chauffage ;
- le refroidissement ;
- la distribution ;
- les terminaux ;
- la ventilation et le renouvellement d’air ;
- les réseaux hydrauliques ou aérauliques ;
- les besoins en eau chaude ;
- la régulation et le pilotage des équipements.
L’objectif est de rechercher une solution cohérente avec les nouveaux besoins du bâtiment, son usage et les contraintes de réalisation.
Pour définir les solutions techniques en amont du projet, découvrez nos études de conception CVC et plomberie.
Pourquoi la ventilation doit être intégrée dès la conception
La performance énergétique ne doit pas être obtenue au détriment du renouvellement de l’air.
Lorsqu’un bâtiment devient plus étanche ou que son enveloppe est améliorée, le fonctionnement de la ventilation prend encore davantage d’importance. Une mauvaise coordination entre isolation, ventilation et chauffage peut dégrader le confort, perturber le fonctionnement des équipements ou créer des problèmes d’humidité.
L’ADEME souligne d’ailleurs l’importance de coordonner les différents postes d’une rénovation performante et alerte sur les impasses techniques que peuvent provoquer des travaux réalisés indépendamment les uns des autres.
La ventilation doit donc être considérée comme une composante à part entière du projet, avec les besoins thermiques et les autres installations CVC.
Les études thermiques pour adapter les solutions aux nouveaux besoins
Une réhabilitation énergétique nécessite souvent de réévaluer le comportement thermique du bâtiment.
Les bilans thermiques permettent notamment d’estimer les besoins de chauffage et de refroidissement après modification de l’enveloppe, des usages ou des équipements.
Ces données servent ensuite à orienter et dimensionner les solutions techniques.
L’enjeu est important : un système mal dimensionné peut fonctionner dans de mauvaises conditions même s’il est récent et performant sur le papier.
L’étude thermique et l’étude CVC doivent donc être pensées conjointement afin de définir des installations adaptées au fonctionnement réel attendu du bâtiment.
Électricité et CFO/CFA : anticiper les conséquences des nouveaux équipements
Une réhabilitation énergétique peut également entraîner des modifications importantes sur les installations électriques.
Le remplacement d’un équipement thermique par une solution différente, l’installation de nouveaux systèmes de régulation ou l’évolution des usages peut modifier les besoins en alimentation électrique, les cheminements et les interfaces entre les différents équipements.
Les études électriques en courants forts et courants faibles permettent d’anticiper ces évolutions et de les intégrer au projet.
Cette coordination est particulièrement importante lorsque plusieurs lots sont modifiés simultanément : CVC, plomberie, CFO/CFA, architecture ou structure.
L’objectif est d’éviter que les contraintes électriques ne soient découvertes seulement au moment de l’exécution.
Pour intégrer ces contraintes dès l’étude du projet, découvrez notre expertise de bureau d’études électricité CFO/CFA.
Coordonner les études avant le chantier
Une réhabilitation est souvent plus complexe qu’une construction neuve sur un point essentiel : il faut composer avec ce qui existe déjà.
Les réseaux, gaines, locaux techniques, hauteurs disponibles ou contraintes structurelles peuvent limiter les possibilités d’implantation.
C’est pourquoi les phases de conception et d’études d’exécution jouent un rôle central.
Elles permettent notamment de :
- définir les solutions techniques retenues ;
- dimensionner les installations ;
- préparer les plans et schémas ;
- vérifier les interactions entre les différents corps d’état ;
- organiser les cheminements ;
- anticiper les contraintes avant la réalisation.
Pour préparer concrètement la phase chantier, consultez nos études d’exécution CVC et plomberie.
Lorsque la complexité du projet le nécessite, la modélisation BIM et la coordination technique peuvent également faciliter l’identification des conflits entre réseaux avant le chantier.
Pour les opérations nécessitant une coordination plus poussée entre les réseaux, découvrez notre expertise en BIM CVC et coordination technique.
Réhabilitation énergétique des bâtiments tertiaires : prendre en compte les objectifs réglementaires
Certains bâtiments tertiaires sont également concernés par le dispositif Éco Énergie Tertiaire.
Il s’applique notamment aux bâtiments, parties de bâtiments ou ensembles de bâtiments accueillant au moins 1 000 m² d’activités tertiaires. Le dispositif fixe des objectifs progressifs de réduction des consommations d’énergie finale : -40 % en 2030, -50 % en 2040 et -60 % en 2050 par rapport à 2010, ou l’atteinte d’une valeur cible définie selon l’activité.
Parmi les leviers identifiés figurent justement l’amélioration de l’enveloppe, l’installation d’équipements performants, la gestion active des équipements et l’optimisation de leur exploitation.
Une opération de réhabilitation peut donc s’inscrire dans une stratégie plus large de maîtrise des consommations du patrimoine immobilier.
Réhabilitation énergétique : éviter les travaux isolés
Remplacer un équipement par un modèle plus performant ne garantit pas, à lui seul, la performance globale du bâtiment.
Un projet peut par exemple associer une amélioration de l’enveloppe, une nouvelle production de chaleur, une modification de la ventilation et de nouvelles installations électriques. Chaque décision influence les autres.
Une approche globale permet au contraire de :
- hiérarchiser les interventions ;
- adapter les équipements aux besoins futurs ;
- éviter les surdimensionnements ;
- anticiper les interfaces entre lots ;
- limiter les reprises en phase chantier ;
- conserver une cohérence entre performance énergétique, confort et faisabilité technique.
C’est précisément là que le rôle du bureau d’études prend tout son sens.
Quel est le rôle d’un bureau d’études dans une réhabilitation énergétique ?
Le bureau d’études transforme les objectifs du projet en solutions techniques dimensionnées et exploitables.
Selon la mission confiée et l’état d’avancement de l’opération, son intervention peut porter sur la conception, le dimensionnement, les études de prix ou la préparation de l’exécution.
INGETECH intervient en génie climatique et électrique et accompagne les projets sur les lots CVC, plomberie, CFO/CFA ainsi que sur la coordination des différentes installations techniques.
Cette vision globale permet d’intégrer les contraintes de chaque métier tout au long du projet, depuis les premières études jusqu’aux documents nécessaires à la réalisation.
Vous préparez la réhabilitation d’un bâtiment ?
Une réhabilitation énergétique efficace commence par des choix techniques cohérents avec le bâtiment, son usage et les travaux réellement envisagés.
INGETECH accompagne maîtres d’ouvrage, architectes et entreprises dans les études de conception et d’exécution nécessaires à leurs projets en génie climatique et électrique.
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